Tel est le verdict de l’hebdomadaire économique Challenges dans son dossier de rentrée, résultat d’une enquête sur "L’état de la France", pour laquelle il a interrogé 10.000 personnes.
Pourtant, chez les jeunes, l’image de ce métier reste floue, voire désuète…

Rentrée en fanfare pour Challenges, qui a consacré ses premiers numéros de septembre à "L’état de la France", se basant sur les résultats d’un sondage exceptionnel mené à sa demande. Pas moins de 10.000 personnes ont été interrogées par l’institut Harris Interactive, soit dix fois plus que les habituelles enquêtes d’opinion politique. Le résultat ? Une photographie haute définition de ce qui paraît essentiel aux yeux des Français. L’analyse de toutes ces données a été étalée sur deux numéros de l’hebdomadaire dans des dossiers de plus de vingt pages.

Dans son édition du 2 septembre, Challenges révèle que 85% des Français estiment que le progrès est une bonne ou une très bonne chose et que 84% se disent inquiets du dérèglement climatique. C’est leur source de préoccupation numéro un, loin devant la pandémie de Covid-19 (76%). Elle arrive en cinquième position, après le terrorisme, la délinquance et les inégalités. Notons aussi que 84% des personnes interrogées sont fières de leur travail et que 75% le jugent utile.

Le numéro suivant, avec le titre "Ce que veulent les Français pour leurs enfants" traite en particulier des 40 métiers préférés par les 10.000 personnes interrogées, avec un résultat qui ne nous laisse pas indifférent : la profession d’ingénieur arrive en tête, souhaitée par 81% des parents sondés et respectée par 87%. Suivent celles de médecin, vétérinaire et chercheur (79% souhaitées toutes les trois), puis architecte, expert du numérique, cadre manager… En résumé, des métiers garantissant des carrières solides, qui relèguent à l’arrière-plan les emplois passion ou essentiels, comme enseignant, à la 14e place, pompier (15e), chef cuisinier (16e) ou encore journaliste (27e), agriculteur (35e)…

La fiche consacrée par Challenges au métier d’ingénieur lui attribue des plus (plein emploi, statut de cadre et créativité) et des moins : rythme de travail, gestion des équipes. Elle relève le paradoxe entre "le marché qui recrute à tout va" et "la désaffection, en amont, pour les matières scientifiques et technologiques à l’école". Enfin, la rédaction note que le métier d’ingénieur est surtout plébiscité par les gens les plus âgés : "chez les jeunes, il a moins la cote, avec une image qui reste floue, voire désuète, celle d’avoir les mains dans le cambouis de l’industrie", lit-on dans les colonnes de l’hebdo. Ce que regrette Marc Rumeau, Ch.170, président de la Société des ingénieurs et scientifiques de France (IESF), cité dans le même article : "Notre métier est méconnu et peu médiatisé".

Autres communications