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"La ferme de la Montagne" ou Liancourt, berceau des écoles d'Arts et Métiers

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20.11.2015

Liancourt, situé à 60 km au nord de Paris, est le berceau des Ecoles d'Arts et Métiers ParisTech. 

En 1780, le Duc de La Rochefoucauld Liancourt crée une "école des métiers" pour les orphelins et fils de soldats de son régiment. Cette ferme appartient aujourd'hui au patrimoine de la Fondation Arts et Métiers.

LE DUC DE LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT

Le Duc François Alexandre de la Rochefoucauld-Liancourt (1747-1827) était d'abord un homme épris de progrès scientifique et technique mais aussi du progrès social.

Grand voyageur, il s'inspire des réformes anglaises issues de la révolution industrielle, pour installer à Liancourt (Oise) la ferme modèle de la Montagne. Il y fonde L'École professionnelle des enfants de la patrie. Les enfants des militaires pauvres de son unité de Dragons se forment pour devenir officiers ou "maîtres d'ateliers".

En 1788, l'établissement compte déjà 130 élèves. En 1800, il est transféré au château de Compiègne, dans des locaux plus vastes et mieux adaptés. À la suite d'une visite de Napoléon 1er, on donne au Prytanée de Compiègne une vocation industrielle élargie.

Le décret du 25 février 1803 l'érige en première École française des Arts et Métiers. L'enseignement est théorique mais aussi très pratique. On y apprend le dessin industriel ou encore la géométrie descriptive.

En 1806, l'École s'installe à Châlons-en-Champagne, et est bientôt considérée comme le meilleur établissement technique d'Europe. La Rochefoucauld est nommé Inspecteur général des Arts et Métiers. Il le restera jusqu'à son limogeage en 1823 pour ses opinions libérales. D'autres centres seront créés par la suite.

Ce passionné des technologies nouvelles est aussi un grand humaniste. Sur plus d'un demi-siècle, il est également à l'origine de prodigieuses innovations sociales. Il invente pour les ouvriers de ses entreprises de tissage et de faïence… la sécurité sociale, 150 ans d'avance !
Il fonde la Caisse nationale d'épargne pour favoriser la prévoyance et le goût de l'économie dans les milieux populaires. Propagateur du vaccin antivariolique, il réforme les hôpitaux en y introduisant un véritable esprit de gestion. Il s'occupe aussi des prisons et propose un plan de réforme pour humaniser la détention et viser à l'amendement des prisonniers.

LA FERME DE LIANCOURT

Personnage éminent du "siècle des Lumières", le duc de Liancourt (devenu La Rochefoucauld Liancourt à la mort de son cousin, le duc Alexandre de la Rochefoucauld, sous la Révolution) est un homme de progrès technique et social. Son château et son parc de Liancourt (disparus depuis) sont des lieux de rencontre pour l'élite éclairée.

En 1780, il installe dans une ferme de son domaine (l'actuelle "ferme de La Montagne", tour du 16/17èmes siècles, bâtiments du 17/18èmes) une école destinée à donner aux enfants orphelins et fils de soldats de son régiment un enseignement professionnel liant pratique et théorie. L'école accueillera pour commencer quelques dizaines d'enfants, puis jusqu'à des centaines, à mesure que s'affirme son statut.

En 1786, édit du roi Louis XVI, transformant l'Ecole en "Etablissement du Royaume". Pendant la Révolution, l'Ecole, devenue "nationale", connait les contrecoups des guerres révolutionnaires.
En 1800, Bonaparte, Premier Consul, dote l'Ecole d'un nom et d'un statut (Ecole d'Arts et Métiers).
L'Ecole sera transférée à Compiègne en 1803 (Ecole Impériale d'Arts et Métiers) puis à Châlons sur Marne (1806).

La ferme de La Montagne revient alors à sa destination première. Mais quelques années plus tard, le fils du duc de La Rochefoucauld Liancourt (Gaëtan) y crée une faïencerie qui fonctionnera pendant une trentaine d'années (d'où l'appellation alternative de "ferme de la Faïencerie" ou de "la Faïence", et la "rue de la Faïencerie, ou de la Faïence" qui y mène).

En 1861, érection, en centre ville de Liancourt, de la statue de bronze du duc de la Rochefoucauld Liancourt (oeuvre de H. Maindron, Angers 1816). Emportée par les Allemands en 1942, elle sera refondue et remise en place en 1951 grâce à la générosité d'un "archi": Monnier (Chalons 1901).

Vers 1880, vente du domaine et de la ferme par la famille du fondateur.

En 1882, érection d'une colonne commémorative du centenaire de l'Ecole, au centre d'un carrefour où aboutissait la rue de la Faïence, non loin de la ferme. Ce carrefour a été transformé en 1978, mais on peut toujours voir la colonne, déplacée de quelques mètres vers la périphérie.

En 1973-1979, déclenchée au congrès des Ingénieurs A&M de Rouen, une campagne aboutit au rachat de la ferme et de 2,5 hectares environnants par la SCP "Les Compagnons Gadzarts de Liancourt", qui transfère ensuite le tout à la Fondation Arts et Métiers nouvellement créée. Près de 5000 donateurs auront contribué à l'achat, puis à la réhabilitation du site ... Pour qu'en mai 1980, on puisse fêter dignement, à Liancourt et ailleurs, le bicentenaire de la fondation de l'Ecole.

En 1990, inauguration du musée national Gadzarts et du logo AM dans le rond-point d'arrivée sur Liancourt.

On trouvera beaucoup d'informations historiques intéressantes, tant sur le fondateur que sur les Ecoles et leurs élèves, dans le musée national Gadzarts et dans le Livre d'Or publié en 1980 à l'occasion du bicentenaire des Ecoles d'Arts et Métiers.

LIANCOURT GADZARIQUE

A Liancourt, la Ferme de la Montagne est aménagée pour que les gadzarts et leurs hôtes se sentent chez eux. Vous pourrez donc y organiser des rencontres conviviales (réunions, séminaires, réceptions, rencontres de promos) avec toute la logistique nécessaire. Il vous suffira de prendre contact avec les responsables.

Mais ce sont les souvenirs "gadzariques" du musée national gadzarts qui font le charme subtil de ce lieu de rencontres. Que vous soyez "gadzarts trads", fort en thème ou féru d'histoire classique ou contemporaine, amateur d'objets ou de maquettes, vous trouverez votre compte dans ce musée :

    - au rez-de-chaussée: salle "Le duc de La Rochefoucauld-Liancourt : sa vie son oeuvre"
    - dans la tour, en sous-sol : un audiovisuel (histoire et traditions des centres Arts et Métiers ParisTech)
    - dans la tour, premier étage : centres de Liancourt, Châlons, Angers, Aix en Provence
    - dans la tour, deuxième étage : centres de Cluny, Lille, Paris, Bordeaux
    - la Société Arts et Métiers, commémorations du Centenaire et du Bicentenaire

Dans les étages (bâtiments annexes) :

    - salle "Bibliothèque, Histoire des Gadzarts"
    - salle "Notre Ecole, aujourd'hui et demain"

Dans chaque salle, vous trouverez d'authentiques souvenirs : uniformes, feuilles de promotions, objets de traditions, maquettes d'étranges machines... et une collection exceptionnelle de "clés d'EX" montrant que dans "gadzarts", il y a aussi "arts".

Revenu à l'accueil, vous pourrez compulser toute une littérature, dont le Livre d'Or publié à l'occasion du bicentenaire de l'Ecole (1980).