
Nouvelle médaille Arts & Métiers
LA MÉDAILLE DES ARTS ET MÉTIERS
La médaille qui avait cours jusqu’en 2023 était jugée perfectible en particulier pour prendre en compte la mixité des promotions, qui est une réalité depuis plus de 50 ans. Même si dans les années 60 / 70 et 80 la mixité était marginale, elle est aujourd’hui significative avec autour de 20 % de filles pour 80 % de garçons. Pour mémoire, Nicole Laroche a été la première femme à intégrer le cursus Grande école des Arts et Métiers à Lille en 1964, cinq ans avant la première femme admise à l’École des Mines de Paris et 8 ans avant la première femme à Polytechnique. Or la médaille des Arts et Métiers présentait sur son avers 3 gadzarts en zag (le premier en uniforme de la fin du XVIIIème Siècle, le second en uniforme de la fin du XIXème Siècle et le dernier dans l’uniforme actuel), mais aucune
gadzarette ! Une mise à jour s’imposait donc...

Outre la prise en compte de la mixité, le cahier des charges intégrait aussi deux points essentiels :
- sur la forme : une optimisation du dessin des gadzarts jugés trop “raides” sur l’ancienne médaille, ainsi que celui du buste du duc de La Rochefoucauld-Liancourt (un peu tronqué sur la médaille actuelle)
- sur le fond : une optimisation de la disposition des éléments iconiques avec une distribution sur deux faces clairement distinctes : (une face École avec l’évocation du duc de La Rochefoucauld-Liancourt, fondateur de l’École, la date de fondation de l’École et une évocation de la ferme de Liancourt, ainsi que la devise de l’École, une face Société avec la date de sa fondation, une gadzarette et un gadzarts en zags (actuels) et un gadzarts en uniforme ancien à l’arrière plan, un équerre dans une couronne de lauriers, ainsi qu’un cartouche pour personnaliser la médaille).

Le buste du duc François de La Rochefoucauld-Liancourt, tel qu’il était présenté sur la médaille est inspiré d’un portrait du duc par Jean-Urbain Guérin au XVIIIème Siècle. De tous les portraits du duc c’est celui qui est le plus proche dans le temps de la création de l’École : il date de 1789 soit 9 ans seulement après la création de l’École. Ce même portrait avait servi de modèle pour divers graveurs comme Franz Gabriel Fiesinger qui avait gravé les portraits de 22 députés de l’Assemblée Nationale de 1789. Ce même portrait avait aussi servi de modèle pour le buste du duc sur la médaille d’Henri Guinier (1867-1927), mais avec un rendu beaucoup plus fin et réaliste que sur la médaille actuelle. Nous avons demandé au graveur de se rapprocher du rendu de la médaille d’Henri Guinier pour ce buste. Henri Guinier était un Gadzarts (Ch.1883), comme son frère jumeau Édouard Guinier (Ch.1883), mais aussi leur père Simon Guinier (Ch.1836) et leur oncle Nicolas Guinier (Ch.1838). Immédiatement après sa sortie de l’École des Arts et Métiers en 1886, Henri Guinier a suivi l’enseignement de l’académie Julian puis des Beaux Arts en 1887. Il a obtenu le second Grand Prix de Rome en 1896 puis une médaille d’or au Salon de 1898. Un grand tableau d’Henri Guinier, “Un pardon en Finistère”, orne la cage d’escalier de l’hôtel des Arts et Métiers à Iéna (voir le numéro de septembre 2023 d’Arts et Métiers Mag).


Dernier détail important : l’Équerre. Elle était curieusement absente des versions antérieures de médailles, y compris celle d’Henri Guinier. Or c’est l’un des symboles préférés des élèves et des archis. Ici, nous avons choisi évidemment un dessin très compact et symétrique, similaire à celui des équerres en faveur aujourd’hui et très différent des équerres de l’iconographie maçonnique. Notre équerre est ceinte d’une couronne de lauriers, symbole de l’excellence et du succès. La couronne de lauriers, elle, figurait sur la médaille d’Henri Guinier. Elle y figurait même deux fois, la première sur la tête de la muse (ou de l’ange, puisqu’on voit clairement des ailes), et la seconde tenue en main par la muse, et sans doute destinée au duc…
